Covid -19 – Pourquoi une loi « sécurité globale » en plein confinement ?

Covid -19 – Pourquoi une loi « sécurité globale » en plein confinement ? Photo de l'oeuvre 1984

Pourquoi une loi « sécurité globale » en plein confinement ?
Moment où « la liberté n’est plus un droit, mais une concession du pouvoir » avocat François Sureau

« Le ministre de la Police est un homme qui se mêle de ce qui le regarde, et ensuite de ce qui ne le regarde pas. » Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, à propos de Fouché, cité par Louis Madelin Fouché 1759-1820.

Création de la police française

Avant d’en venir à la loi « sécurité globale », un peu d’histoire.
La police française actuelle a été créée le 14 août 1941, sous le régime de Vichy, par un décret signé par Pétain. Voici le texte d’application de la loi du 23 avril 1941.
La Police nationale est une police d’État. Elle est rattachée au ministère de l’Intérieur. Les policiers sont des fonctionnaires de l’État.
Ses missions (site du ministère de l’Intérieur) :

Covid -19 – Pourquoi une loi « sécurité globale » en plein confinement ? Police française - image du film Polisse https://en.wikipedia.org/wiki/Polisse
  • La sécurité et la paix publiques, consistant à veiller à l’exécution des lois, à assurer la protection des personnes et des biens, à prévenir les troubles à l’ordre public et à la tranquillité publique ainsi que la délinquance ;
  • La police judiciaire, ayant pour objet, sous la direction, le contrôle et la surveillance de l’autorité judiciaire, de rechercher et de constater les infractions pénales, d’en rassembler les preuves, d’en rechercher les auteurs et leurs complices, de les arrêter et de les déférer aux autorités judiciaires compétentes ;
  • Le renseignement et l’information, permettant d’assurer l’information des autorités gouvernementales, de déceler et de prévenir toute menace susceptible de porter atteinte à l’ordre public, aux institutions, aux intérêts fondamentaux de la Nation ou à la souveraineté nationale.

Évolution de la Police depuis les années 1960

Cette évolution de la police française est celle constatée par la citoyenne lambda que je suis…

Années 60

Evolution du costume de l'agent de police de 1960 à 2005 https://www.police-nationale.net/police-nationale/

Quand j’étais enfant, ma maman me disait : « si tu as un souci en allant ou en revenant de l’école, vas voir le gardien de la paix, il t’aidera ! ».

J’habitais une banlieue ouvrière proche de Paris. Les gardiens de la paix d’un quartier connaissaient les habitants, les enfants, veillaient sur les sorties d’école. Ils nous faisaient traverser la rue munis de leur bâton blanc et de leur sifflet… Bref, ils étaient présents dans les rues par tous les temps.
Les gardiens de la paix encadrent maintenant des adjoints de sécurité. On voit bien que la notion de « garder la paix » est largement sous-évaluée !

Fin des années 70

J’avais déjà participé à quelques manifestations, quand, pour la première fois, nous avons été chargés par les flics en mobylette, matraque au poing. Ce fut un choc, vous pouvez le croire, car même en 68, on n’avait pas vu cela !

Années 90

Déjà dans les années 90 je n’ai jamais dit à mes enfants d’aller voir un policier s’ils avaient des soucis. En effet, ma confiance dans des forces de l’ordre (et non plus les gardiens de la paix !) avait été déjà bien ébranlée par des charges policières lors de manifestations.

Je me souviens tout de même avec une certaine nostalgie des manifestations contre la loi Juppé de 1995. Elles se déroulèrent dans le calme. Elles occasionnèrent un mouvement de grève de plus d’un mois et aboutirent à un retrait partiel du texte (sur les retraites en particulier). Avec le recul, ce fut une des dernières fois où le peuple français a pu se faire entendre des puissants en manifestant.

Jusque là, quand des manifestations de masse se produisaient contre une réforme touchant à des droits sociaux ou civiques ou autres, le gouvernement trouvait un compromis pour apaiser la tension sociale. Ces anciens gouvernants savaient qu’une élection n’est pas un blanc sein donné, mais l’indicateur d’un instant T et que sans l’adhésion du peuple français, un gouvernement doit utiliser la force pour se maintenir. Ce qu’ils ne faisaient pas croyant encore à la démocratie ou en donnant l’illusion ou ne voulant pas se retrouver pieds et poings liés devant des syndicats de police de plus en plus extrémistes.

Années 2000 : le tournant

En prémisse, il y a eu la répression policière de plus en plus violente des incidents dans les banlieues, le délit de « sale-gueule » de plus en plus affiché lors des contrôles de police et la perte d’une police de proximité par la volonté des différents gouvernements de diminuer les effectifs.

2016

Image d'une manifestation de 2016 https://www.flickr.com/photos/jmenj/25283350179

Mais depuis 2016 et la loi El Khomri, tout a basculé. Pour la première fois, malgré des manifestations et grèves nombreuses et répétées, le gouvernement a maintenu une loi supprimant des droits sociaux, la passant en force par la procédure du 49.3.

Ce fut aussi l’expérimentation d’une nouvelle forme de répression policière : nasser les manifestants ce qui dégénère forcément en un affrontement inégal. Forces de l’ordre armée de gaz et Flash-ball contre les manifestants. Un article de l’Humanité pour vous rafraîchir la mémoire  et une déclaration de l’époque de la Ligue des droits de l’homme . Comme on le voit, les prémisses de la situation actuelle étaient posées dès cette époque.

Bis, ter, quater… repetita placent

Image d'une manifestation des gilets jaunes - 2019 -https://www.flickr.com/photos/actualitte/32383772718

Depuis nous avons vu se répéter les mêmes scènes sous le gouvernement Macron, à un rythme de plus en plus rapproché suivant celui des atteintes aux droits sociaux et individuels votées par ce gouvernement et sa majorité : seconde loi travail, retraite, cheminots, gilets jaunes…

Lors de ce dernier mouvement social inédit par sa spontanéité et sa longueur, un décompte des actes violents de la police a été fait ; je vous invite à lire et à faire connaître ce site.

Loi « sécurité globale »

Vent debout contre

Tout ça pour aboutir au projet de loi « sécurité globale » en vote à l’Assemblée nationale en plein confinement. Sur cette loi, en particulier l’article 24, beaucoup de choses ont été dites. Je ne ferais que redire en moins bien ce que certains ont si bien souligné :

J’ajouterai

tout de même que maintenant (Titre I de la loi) la milice : municipale , agents de sécurité, police ferroviaire, dispose du même droit que la police d’État et la gendarmerie de filmer, de fouiller et de palper un individu considéré par eux comme suspect, même droit de port d’arme….. Si vous ajoutez l’article 25 qui autorise les policiers et les gendarmes en civile, hors service, à se promener armés : au secours !

Des manifestations ont eu lieu et continuent à l’heure de la publication de cet article. Mais le gouvernement et sa majorité, comme un seul homme, votent, comme à son habitude en rejetant tous les amendements de l’opposition. Un seul recul sur l’article 24 et encore parce qu’il y a eu une violence policière filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Et cela ne les empêche pas non plus d’enchaîner sur une nouvelle loi s’attaquant à la liberté d’association, de conscience… projet de loi confortant les principes républicains. Ce gouvernement prétend maintenant nous apprendre comment bien penser, bien croire, bien agir… Nous ne sommes pas des enfants ! Mais des adultes dotés d’un cerveau actif apte à réfléchir par lui-même et à faire ses propres choix !
Je vous invite à écouter la chanson de Léo Ferré : Les anarchistes pour vous remonter le moral, …peut-être pas, mais c’est mon moment “poésie” !

Alors, pourquoi une loi « sécurité globale » en plein confinement ?

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » Coluche

Tour de passe-passe opportuniste

Vous vous focalisez sur cette loi liberticide et vous ne voyez pas ce qui arrive sans bruit dont aucun des grands médias ne parle. Vous savez ceux qui vous martèlent le nombre de morts quotidiens de la Covid-19, les porte-parole inlassables du gouvernement :

Sentiment d’impunité des membres du gouvernement et du Président 

« L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote ! » Citations drôles – Pierre Desproges.
Je vous invite à lire mon précédent article La France est-elle en guerre. Eux seuls savent et comme ils ont la majorité à l’Assemblée nationale, le reste est sans importance..

Conclusion

Ce sont nos impôts qui payent le gouvernement et les députés qui votent cette loi liberticide et les autres. Ce sont nos impôts qui payent les policiers de tout genre. Qu’attendons-nous pour faire une grève de l’impôt ?

Cet argent ne serait-il pas mieux employé pour résoudre la crise économique, sociale et écologique qui nous pend au nez ? A-t-on réellement besoin de cette police et d’un État policier ?

Pour en savoir plus

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